LA PEINTURE, MON ATTITUDE

Avec la peinture, il s’agit pour moi « d’attaquer la passion à sa racine » (Nietzsche) et d’évoluer avec l’inconnu entre contemplation et décision.

L’héritage des peintres dans l’histoire m’enthousiasme et la déclaration de la fin de la peinture ne me concerne pas. La peinture vit encore aujourd’hui, c’est un préalable et rien de moins qu’une façon d’être au monde, la respiration d’une membrane.

J’envisage la peinture comme « le voyage en-soi », le plus réel de tous, celui qui engage notre substance psychique. C’est un face à face qui se libère de l’impact du regard immédiat pour aller puiser ensuite dans le souvenir du choc singulier qui m’habite. L’actualisation dans la peinture est différée et le temps devient un champ d’expériences, un outil. C’est un espace de liberté , un engagement absolu dans le sillage obsédant du mystère, l’éblouissement merveilleux de la lumière, la danse des couleurs et l’étrangeté si familière, du rêve.

La peinture est pour moi au cœur du sens. Elle est d’une légèreté fondamentale, d’une futilité primordiale et essentielle ; l’antre où je nourris l’excès, le  lieu du lien avec la vie.

L’immense solitude de sa fabrique en fait une incroyable proposition à l’altérité.